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  • Les symptômes de la ménopause : la liste complète (pas seulement les bouffées de chaleur)

    Les symptômes de la ménopause : la liste complète (pas seulement les bouffées de chaleur)

  • 💡 L'Essentiel en 30 secondes :
    On connaît tous les bouffées de chaleur. On connaît moins les douleurs articulaires (71 % des femmes en périménopause), les acouphènes, la sécheresse oculaire, les chocs électriques ou le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM), qui touche environ une femme ménopausée sur deux et ne s'améliore pas spontanément avec le temps. Les sociétés savantes reconnaissent aujourd'hui plus de 30 symptômes liés à cette transition hormonale. Voici la liste, organisée et expliquée.

    Des douleurs aux doigts qui ressemblent à de l'arthrite. Des acouphènes apparus sans raison. Une sécheresse oculaire traitée comme un problème ophtalmologique isolé. Des palpitations qui mènent à des explorations cardiologiques inutiles. Ce ne sont pas des coïncidences : ce sont des symptômes de la ménopause, simplement jamais nommés comme tels.

    Ce que cet article vous explique : la liste complète des symptômes reconnus de la périménopause et de la ménopause, organisés par système du corps, avec un focus sur deux sujets sous-traités : le syndrome génito-urinaire de la ménopause et le syndrome musculosquelettique.

    1- Ce que tout le monde connaît déjà

    Les sociétés savantes (Menopause Foundation, British Menopause Society) reconnaissent officiellement entre 34 et 36 symptômes de la transition. Certaines sources cliniques en recensent jusqu'à 48. Le grand public en connaît en moyenne 5 à 7. Commençons par ceux-là :

    • Bouffées de chaleur : flush soudain de chaleur au visage, au cou et au thorax, 1 à 5 minutes. Touchent 70 à 80 % des femmes, parfois dès la périménopause précoce
    • Sueurs nocturnes : bouffées de chaleur nocturnes qui interrompent le sommeil
    • Irrégularités du cycle : cycles plus courts puis plus longs, spotting, alternance de règles abondantes et légères
    • Insomnie : liée aux sueurs nocturnes, mais aussi à la baisse de progestérone, qui favorise normalement le sommeil profond
    • Fatigue persistante : indépendante des troubles du sommeil, liée à la chute hormonale elle-même
    • Prise de poids et redistribution abdominale : la graisse se redistribue vers l'abdomen, indépendamment des calories ingérées

    2- Ce que vous ressentez peut-être, sans faire le lien

    Cette section regroupe les symptômes les moins associés spontanément à la ménopause, souvent parce qu'ils touchent des organes qu'on ne relie pas instinctivement aux hormones sexuelles.

    Psycho-cognitifs

    • Brouillard mental (difficultés de concentration, trous de mémoire) : touche environ 60 % des femmes en périménopause ; l'estradiol soutient la plasticité neuronale et la mémoire verbale
    • Sautes d'humeur et irritabilité : liées à la variabilité hormonale, surtout en périménopause précoce
    • Anxiété, parfois sans facteur déclenchant identifié, la progestérone a un effet anxiolytique via les récepteurs GABA ; sa chute peut la démasquer
    • Épisode dépressif : concerne 20 à 30 % des femmes pendant la transition, distinct du syndrome prémenstruel aggravé
    • Dépersonnalisation : sentiment d'être "à côté de soi" ; peu documenté médicalement mais fréquent dans les témoignages

    Cardiovasculaires

    • Palpitations : jusqu'à 42 % des femmes en périménopause. L'estradiol et la progestérone agissent sur les voies électriques cardiaques. Souvent non reliées à la ménopause, ce qui conduit à des explorations cardiologiques inutiles

    Neurologiques et sensoriels

    • Chocs électriques : brève décharge d'une seconde, souvent à l'avant-bras ou derrière la nuque, parfois juste avant une bouffée de chaleur. Plus de 90 % des femmes interrogées ignoraient que c'était un symptôme de la ménopause
    • Paresthésies : fourmillements et engourdissements, surtout aux mains et aux pieds
    • Vertiges : souvent liés aux fluctuations d'estradiol
    • Migraines : aggravation ou première apparition ; la périménopause est la période de pic de migraines chez les femmes
    • Acouphènes : l'estradiol intervient dans les voies auditives et la vascularisation de l'oreille interne

    Oculaires

    • Sécheresse oculaire : les glandes lacrymales possèdent des récepteurs aux hormones sexuelles ; touche environ 1 femme ménopausée sur 4, souvent traitée comme un problème purement ophtalmologique

    Dermatologiques et phanères

    • Sécheresse cutanée : la peau perd environ 30 % de son collagène dans les 5 premières années post-ménopause
    • Chute de cheveux : combinaison de la carence en estradiol et d'un rapport androgènes/œstrogènes plus élevé
    • Ongles cassants, acné ou rosacée qui réapparaissent ou s'aggravent
    • Modifications de l'odeur corporelle : liées aux variations de la flore cutanée

    Bucco-dentaires

    • Syndrome de la bouche brûlante : brûlures de la langue ou des lèvres sans lésion visible
    • Goût métallique, sécheresse buccale, sensibilité gingivale accrue, la muqueuse buccale et les gencives sont sensibles aux œstrogènes

    Digestifs

    • Ballonnements, constipation ou diarrhées, nausées, liés au ralentissement ou aux fluctuations de la motilité digestive, sensible à la carence en estradiol

    3- Le SGUM : le syndrome dont on ne parle pas

    Le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) regroupe l'ensemble des signes liés à la carence en œstrogènes et androgènes au niveau des tissus vulvo-vaginaux et du bas appareil urinaire. Il a remplacé en 2014 l'ancien terme "atrophie vulvo-vaginale".

    Selon la littérature internationale, sa prévalence varie largement, de 27 à 84 % des femmes ménopausées selon les études, en pratique clinique, environ une femme sur deux est concernée. Il reste très largement sous-diagnostiqué : les symptômes sont perçus comme embarrassants, les patientes n'en parlent pas spontanément, et les professionnel·les de santé posent rarement la question.

    Une différence essentielle avec les bouffées de chaleur : le SGUM ne s'améliore pas spontanément avec le temps. Il s'aggrave progressivement en l'absence de prise en charge, ce qui justifie d'en parler tôt plutôt que d'attendre.

    Symptômes vaginaux et vulvaires : sécheresse vaginale (peut débuter dès la périménopause), brûlures et irritations (pas seulement pendant les rapports), inconforts pendant les rapports sexuels (dyspareunie, qui touche 40 à 50 % des femmes ménopausées selon certaines études).

    Symptômes urinaires : infections urinaires récurrentes, incontinence (par urgence, à l'effort, ou mixte), besoin fréquent d'uriner en journée comme la nuit, douleurs ou brûlures à la miction hors infection.

    Les traitements existent, en première intention les œstrogènes locaux (ovules, crème, anneau vaginal) : doses très faibles, passage systémique minimal, efficacité en 2 à 4 semaines, utilisables même en cas d'antécédent de cancer du sein avec les précautions adaptées. Les hydratants vaginaux non hormonaux (acide hyaluronique) soulagent au quotidien. Le THM systémique agit aussi sur le SGUM en plus des autres symptômes climatériques.

    Le laser vaginal (CO2 ou Erbium) a longtemps été présenté comme prometteur sur la base d'études observationnelles, mais un essai randomisé publié dans JAMA en 2021 [6] n'a pas montré de supériorité significative du laser par rapport à un traitement placebo sur les symptômes vaginaux. Une information à connaître avant toute décision.

    ⚠️ À distinguer du SGUM : le lichen scléreux vulvaire
    Souvent confondu avec le SGUM, le lichen scléreux est une maladie auto-immune distincte (1 à 3 % des femmes ménopausées), où la carence en œstrogènes n'est qu'un facteur favorisant, pas la cause directe. Signe principal : des démangeaisons vulvaires intenses, souvent nocturnes, avec une blancheur nacrée de la peau. Non traité, il évolue vers une atrophie progressive et comporte un risque de transformation en cancer de la vulve de 2 à 5 %, justifiant un suivi gynécologique à vie. Les œstrogènes locaux ne traitent pas le lichen scléreux : son traitement de référence est un dermocorticoïde de très haute puissance. Des démangeaisons vulvaires persistantes méritent une consultation, pas une crème hydratante en automédication.

    4- Le syndrome musculosquelettique de la ménopause

    Ce terme a été proposé en 2024 par une équipe de la revue Climacteric [2] pour regrouper l'ensemble des manifestations musculosquelettiques liées à la carence en estradiol, un terrain largement sous-reconnu malgré son ampleur.

    Une méta-analyse portant sur plus de 5 800 femmes [3] établit une prévalence de 71 % de douleurs musculosquelettiques chez les femmes en périménopause, avec plus d'un quart dont l'activité quotidienne est limitée par ces douleurs. Le risque est significativement plus élevé en périménopause qu'en préménopause (et comparable entre péri- et post-ménopause), ce qui indique que c'est le statut hormonal, pas l'âge chronologique seul, qui est en cause.

    Le mécanisme : articulations, tendons, ligaments, muscles et cartilage sont couverts de récepteurs aux œstrogènes. L'estradiol hydrate le cartilage, freine sa dégradation, réduit l'inflammation articulaire et maintient la masse musculaire. Sa chute déclenche l'inverse.

    • Douleurs articulaires : doigts (souvent confondues avec une arthrite), poignets, épaules, hanches, genoux
    • Raideur matinale : généralement moins de 60 minutes (contre plus d'une heure dans l'arthrite rhumatoïde), mais gênante au quotidien
    • Syndrome du canal carpien : lié à la rétention d'eau et aux modifications du tissu conjonctif
    • Tendinites récurrentes et myalgies diffuses
    • Perte de masse musculaire (sarcopénie) : débute dès la périménopause, s'accélère après la ménopause
    • Perte de densité osseuse : symptôme tardif, souvent silencieux jusqu'à une première fracture ; la perte osseuse s'accélère de 2 à 3 % par an pendant les 5 premières années post-ménopause
    💡 Pour aller plus loin :
    La perte osseuse post-ménopausique est silencieuse : elle ne se signale pas par une douleur avant une fracture. C'est l'une des raisons pour lesquelles une réévaluation médicale régulière pendant et après la transition reste utile, même en l'absence de symptôme ressenti.

    5- Le tableau récapitulatif

    Système Symptômes
    Vasomoteurs Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes
    Menstruels Irrégularités du cycle, aménorrhée
    Sommeil et énergie Insomnie, fatigue persistante
    Psycho-cognitifs Brouillard mental, sautes d'humeur, anxiété, épisode dépressif, perte de confiance en soi, dépersonnalisation
    Métaboliques Prise de poids abdominale, intolérance thermique
    Génito-urinaire (SGUM) Sécheresse vaginale, brûlures vulvaires, dyspareunie, infections urinaires récurrentes, incontinence, pollakiurie, nycturie, dysurie
    Musculosquelettique Douleurs articulaires, raideur matinale, canal carpien, tendinites, myalgies, sarcopénie, perte de densité osseuse
    Cardiovasculaire Palpitations
    Neuro-sensoriel Chocs électriques, paresthésies, vertiges, migraines, acouphènes
    Oculaire Sécheresse oculaire
    Dermatologique Sécheresse cutanée, chute de cheveux, ongles cassants, acné, rosacée, modification de l'odeur corporelle
    Bucco-dentaire Syndrome de la bouche brûlante, goût métallique, sécheresse buccale, sensibilité gingivale
    Digestif Ballonnements, constipation ou diarrhées, nausées

    En résumé

    • La ménopause ne se résume pas à 5 symptômes : les sociétés savantes en reconnaissent entre 34 et 48 selon les sources
    • Le SGUM concerne environ une femme ménopausée sur deux et ne s'améliore pas spontanément, il s'aggrave sans prise en charge
    • Le lichen scléreux vulvaire est une maladie distincte du SGUM, à ne jamais traiter par automédication
    • 71 % des femmes ressentent des douleurs musculosquelettiques en périménopause, liées au statut hormonal et non à l'âge seul
    • Nommer ces symptômes est la première étape pour ne plus les subir isolément, sans réponse

    Pour comprendre les mécanismes hormonaux derrière l'ensemble de ces symptômes, notre article sur l'ordre réel de chute des hormones en périménopause complète cette lecture. Si certains de ces symptômes vous poussent à envisager un traitement hormonal, nos articles sur le THM et sur son arrêt éventuel vous donneront des repères concrets. Et pour le flux imprévisible qui accompagne souvent ces symptômes, une protection réutilisable adaptée peut simplifier le quotidien.


    Ces symptômes ont une cause hormonale identifiée, ils sont réels, et beaucoup sont traitables. Mais la première étape reste de les nommer, pour vous, et pour les professionnel·les de santé que vous consultez.


    Sources citées [1] CNGOF/GEMVI. *Syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM). RPC les femmes ménopausées.* Gynécol Obstét Fertilité & Sénologie. 2021.
    [2] Wright VJ, Schwartzman JD, Itinoche R, Wittstein J. *The musculoskeletal syndrome of menopause.* Climacteric. 2024;27(5).
    [3] Lu et al. *Musculoskeletal Pain during the Menopausal Transition: A Systematic Review and Meta-Analysis.* Neural Plasticity. 2020.
    [4] Lichen scléreux vulvaire. PMC8800476.
    [5] CNGOF/GEMVI. *Alternatives non hormonales de prise en charge des bouffées vasomotrices post-ménopausiques.* 2021.
    [6] Li FG, Maheux-Lacroix S, Deans R, et al. *Effect of Fractional Carbon Dioxide Laser vs Sham Treatment on Symptom Severity in Women with Postmenopausal Vaginal Symptoms: A Randomized Clinical Trial.* JAMA. 2021;326(14):1381-1389.

    💡 L'Essentiel en 30 secondes :
    On connaît tous les bouffées de chaleur. On connaît moins les douleurs articulaires (71 % des femmes en périménopause), les acouphènes, la sécheresse oculaire, les chocs électriques ou le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM), qui touche environ une femme ménopausée sur deux et ne s'améliore pas spontanément avec le temps. Les sociétés savantes reconnaissent aujourd'hui plus de 30 symptômes liés à cette transition hormonale. Voici la liste, organisée et expliquée.

    Des douleurs aux doigts qui ressemblent à de l'arthrite. Des acouphènes apparus sans raison. Une sécheresse oculaire traitée comme un problème ophtalmologique isolé. Des palpitations qui mènent à des explorations cardiologiques inutiles. Ce ne sont pas des coïncidences : ce sont des symptômes de la ménopause, simplement jamais nommés comme tels.

    Ce que cet article vous explique : la liste complète des symptômes reconnus de la périménopause et de la ménopause, organisés par système du corps, avec un focus sur deux sujets sous-traités : le syndrome génito-urinaire de la ménopause et le syndrome musculosquelettique.

    1- Ce que tout le monde connaît déjà

    Les sociétés savantes (Menopause Foundation, British Menopause Society) reconnaissent officiellement entre 34 et 36 symptômes de la transition. Certaines sources cliniques en recensent jusqu'à 48. Le grand public en connaît en moyenne 5 à 7. Commençons par ceux-là :

    • Bouffées de chaleur : flush soudain de chaleur au visage, au cou et au thorax, 1 à 5 minutes. Touchent 70 à 80 % des femmes, parfois dès la périménopause précoce
    • Sueurs nocturnes : bouffées de chaleur nocturnes qui interrompent le sommeil
    • Irrégularités du cycle : cycles plus courts puis plus longs, spotting, alternance de règles abondantes et légères
    • Insomnie : liée aux sueurs nocturnes, mais aussi à la baisse de progestérone, qui favorise normalement le sommeil profond
    • Fatigue persistante : indépendante des troubles du sommeil, liée à la chute hormonale elle-même
    • Prise de poids et redistribution abdominale : la graisse se redistribue vers l'abdomen, indépendamment des calories ingérées

    2- Ce que vous ressentez peut-être, sans faire le lien

    Cette section regroupe les symptômes les moins associés spontanément à la ménopause, souvent parce qu'ils touchent des organes qu'on ne relie pas instinctivement aux hormones sexuelles.

    Psycho-cognitifs

    • Brouillard mental (difficultés de concentration, trous de mémoire) : touche environ 60 % des femmes en périménopause ; l'estradiol soutient la plasticité neuronale et la mémoire verbale
    • Sautes d'humeur et irritabilité : liées à la variabilité hormonale, surtout en périménopause précoce
    • Anxiété, parfois sans facteur déclenchant identifié, la progestérone a un effet anxiolytique via les récepteurs GABA ; sa chute peut la démasquer
    • Épisode dépressif : concerne 20 à 30 % des femmes pendant la transition, distinct du syndrome prémenstruel aggravé
    • Dépersonnalisation : sentiment d'être "à côté de soi" ; peu documenté médicalement mais fréquent dans les témoignages

    Cardiovasculaires

    • Palpitations : jusqu'à 42 % des femmes en périménopause. L'estradiol et la progestérone agissent sur les voies électriques cardiaques. Souvent non reliées à la ménopause, ce qui conduit à des explorations cardiologiques inutiles

    Neurologiques et sensoriels

    • Chocs électriques : brève décharge d'une seconde, souvent à l'avant-bras ou derrière la nuque, parfois juste avant une bouffée de chaleur. Plus de 90 % des femmes interrogées ignoraient que c'était un symptôme de la ménopause
    • Paresthésies : fourmillements et engourdissements, surtout aux mains et aux pieds
    • Vertiges : souvent liés aux fluctuations d'estradiol
    • Migraines : aggravation ou première apparition ; la périménopause est la période de pic de migraines chez les femmes
    • Acouphènes : l'estradiol intervient dans les voies auditives et la vascularisation de l'oreille interne

    Oculaires

    • Sécheresse oculaire : les glandes lacrymales possèdent des récepteurs aux hormones sexuelles ; touche environ 1 femme ménopausée sur 4, souvent traitée comme un problème purement ophtalmologique

    Dermatologiques et phanères

    • Sécheresse cutanée : la peau perd environ 30 % de son collagène dans les 5 premières années post-ménopause
    • Chute de cheveux : combinaison de la carence en estradiol et d'un rapport androgènes/œstrogènes plus élevé
    • Ongles cassants, acné ou rosacée qui réapparaissent ou s'aggravent
    • Modifications de l'odeur corporelle : liées aux variations de la flore cutanée

    Bucco-dentaires

    • Syndrome de la bouche brûlante : brûlures de la langue ou des lèvres sans lésion visible
    • Goût métallique, sécheresse buccale, sensibilité gingivale accrue, la muqueuse buccale et les gencives sont sensibles aux œstrogènes

    Digestifs

    • Ballonnements, constipation ou diarrhées, nausées, liés au ralentissement ou aux fluctuations de la motilité digestive, sensible à la carence en estradiol

    3- Le SGUM : le syndrome dont on ne parle pas

    Le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) regroupe l'ensemble des signes liés à la carence en œstrogènes et androgènes au niveau des tissus vulvo-vaginaux et du bas appareil urinaire. Il a remplacé en 2014 l'ancien terme "atrophie vulvo-vaginale".

    Selon la littérature internationale, sa prévalence varie largement, de 27 à 84 % des femmes ménopausées selon les études, en pratique clinique, environ une femme sur deux est concernée. Il reste très largement sous-diagnostiqué : les symptômes sont perçus comme embarrassants, les patientes n'en parlent pas spontanément, et les professionnel·les de santé posent rarement la question.

    Une différence essentielle avec les bouffées de chaleur : le SGUM ne s'améliore pas spontanément avec le temps. Il s'aggrave progressivement en l'absence de prise en charge, ce qui justifie d'en parler tôt plutôt que d'attendre.

    Symptômes vaginaux et vulvaires : sécheresse vaginale (peut débuter dès la périménopause), brûlures et irritations (pas seulement pendant les rapports), inconforts pendant les rapports sexuels (dyspareunie, qui touche 40 à 50 % des femmes ménopausées selon certaines études).

    Symptômes urinaires : infections urinaires récurrentes, incontinence (par urgence, à l'effort, ou mixte), besoin fréquent d'uriner en journée comme la nuit, douleurs ou brûlures à la miction hors infection.

    Les traitements existent, en première intention les œstrogènes locaux (ovules, crème, anneau vaginal) : doses très faibles, passage systémique minimal, efficacité en 2 à 4 semaines, utilisables même en cas d'antécédent de cancer du sein avec les précautions adaptées. Les hydratants vaginaux non hormonaux (acide hyaluronique) soulagent au quotidien. Le THM systémique agit aussi sur le SGUM en plus des autres symptômes climatériques.

    Le laser vaginal (CO2 ou Erbium) a longtemps été présenté comme prometteur sur la base d'études observationnelles, mais un essai randomisé publié dans JAMA en 2021 [6] n'a pas montré de supériorité significative du laser par rapport à un traitement placebo sur les symptômes vaginaux. Une information à connaître avant toute décision.

    ⚠️ À distinguer du SGUM : le lichen scléreux vulvaire
    Souvent confondu avec le SGUM, le lichen scléreux est une maladie auto-immune distincte (1 à 3 % des femmes ménopausées), où la carence en œstrogènes n'est qu'un facteur favorisant, pas la cause directe. Signe principal : des démangeaisons vulvaires intenses, souvent nocturnes, avec une blancheur nacrée de la peau. Non traité, il évolue vers une atrophie progressive et comporte un risque de transformation en cancer de la vulve de 2 à 5 %, justifiant un suivi gynécologique à vie. Les œstrogènes locaux ne traitent pas le lichen scléreux : son traitement de référence est un dermocorticoïde de très haute puissance. Des démangeaisons vulvaires persistantes méritent une consultation, pas une crème hydratante en automédication.

    4- Le syndrome musculosquelettique de la ménopause

    Ce terme a été proposé en 2024 par une équipe de la revue Climacteric [2] pour regrouper l'ensemble des manifestations musculosquelettiques liées à la carence en estradiol, un terrain largement sous-reconnu malgré son ampleur.

    Une méta-analyse portant sur plus de 5 800 femmes [3] établit une prévalence de 71 % de douleurs musculosquelettiques chez les femmes en périménopause, avec plus d'un quart dont l'activité quotidienne est limitée par ces douleurs. Le risque est significativement plus élevé en périménopause qu'en préménopause (et comparable entre péri- et post-ménopause), ce qui indique que c'est le statut hormonal, pas l'âge chronologique seul, qui est en cause.

    Le mécanisme : articulations, tendons, ligaments, muscles et cartilage sont couverts de récepteurs aux œstrogènes. L'estradiol hydrate le cartilage, freine sa dégradation, réduit l'inflammation articulaire et maintient la masse musculaire. Sa chute déclenche l'inverse.

    • Douleurs articulaires : doigts (souvent confondues avec une arthrite), poignets, épaules, hanches, genoux
    • Raideur matinale : généralement moins de 60 minutes (contre plus d'une heure dans l'arthrite rhumatoïde), mais gênante au quotidien
    • Syndrome du canal carpien : lié à la rétention d'eau et aux modifications du tissu conjonctif
    • Tendinites récurrentes et myalgies diffuses
    • Perte de masse musculaire (sarcopénie) : débute dès la périménopause, s'accélère après la ménopause
    • Perte de densité osseuse : symptôme tardif, souvent silencieux jusqu'à une première fracture ; la perte osseuse s'accélère de 2 à 3 % par an pendant les 5 premières années post-ménopause
    💡 Pour aller plus loin :
    La perte osseuse post-ménopausique est silencieuse : elle ne se signale pas par une douleur avant une fracture. C'est l'une des raisons pour lesquelles une réévaluation médicale régulière pendant et après la transition reste utile, même en l'absence de symptôme ressenti.

    5- Le tableau récapitulatif

    Système Symptômes
    Vasomoteurs Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes
    Menstruels Irrégularités du cycle, aménorrhée
    Sommeil et énergie Insomnie, fatigue persistante
    Psycho-cognitifs Brouillard mental, sautes d'humeur, anxiété, épisode dépressif, perte de confiance en soi, dépersonnalisation
    Métaboliques Prise de poids abdominale, intolérance thermique
    Génito-urinaire (SGUM) Sécheresse vaginale, brûlures vulvaires, dyspareunie, infections urinaires récurrentes, incontinence, pollakiurie, nycturie, dysurie
    Musculosquelettique Douleurs articulaires, raideur matinale, canal carpien, tendinites, myalgies, sarcopénie, perte de densité osseuse
    Cardiovasculaire Palpitations
    Neuro-sensoriel Chocs électriques, paresthésies, vertiges, migraines, acouphènes
    Oculaire Sécheresse oculaire
    Dermatologique Sécheresse cutanée, chute de cheveux, ongles cassants, acné, rosacée, modification de l'odeur corporelle
    Bucco-dentaire Syndrome de la bouche brûlante, goût métallique, sécheresse buccale, sensibilité gingivale
    Digestif Ballonnements, constipation ou diarrhées, nausées

    En résumé

    • La ménopause ne se résume pas à 5 symptômes : les sociétés savantes en reconnaissent entre 34 et 48 selon les sources
    • Le SGUM concerne environ une femme ménopausée sur deux et ne s'améliore pas spontanément, il s'aggrave sans prise en charge
    • Le lichen scléreux vulvaire est une maladie distincte du SGUM, à ne jamais traiter par automédication
    • 71 % des femmes ressentent des douleurs musculosquelettiques en périménopause, liées au statut hormonal et non à l'âge seul
    • Nommer ces symptômes est la première étape pour ne plus les subir isolément, sans réponse

    Pour comprendre les mécanismes hormonaux derrière l'ensemble de ces symptômes, notre article sur l'ordre réel de chute des hormones en périménopause complète cette lecture. Si certains de ces symptômes vous poussent à envisager un traitement hormonal, nos articles sur le THM et sur son arrêt éventuel vous donneront des repères concrets. Et pour le flux imprévisible qui accompagne souvent ces symptômes, une protection réutilisable adaptée peut simplifier le quotidien.


    Ces symptômes ont une cause hormonale identifiée, ils sont réels, et beaucoup sont traitables. Mais la première étape reste de les nommer, pour vous, et pour les professionnel·les de santé que vous consultez.


    Sources citées [1] CNGOF/GEMVI. *Syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM). RPC les femmes ménopausées.* Gynécol Obstét Fertilité & Sénologie. 2021.
    [2] Wright VJ, Schwartzman JD, Itinoche R, Wittstein J. *The musculoskeletal syndrome of menopause.* Climacteric. 2024;27(5).
    [3] Lu et al. *Musculoskeletal Pain during the Menopausal Transition: A Systematic Review and Meta-Analysis.* Neural Plasticity. 2020.
    [4] Lichen scléreux vulvaire. PMC8800476.
    [5] CNGOF/GEMVI. *Alternatives non hormonales de prise en charge des bouffées vasomotrices post-ménopausiques.* 2021.
    [6] Li FG, Maheux-Lacroix S, Deans R, et al. *Effect of Fractional Carbon Dioxide Laser vs Sham Treatment on Symptom Severity in Women with Postmenopausal Vaginal Symptoms: A Randomized Clinical Trial.* JAMA. 2021;326(14):1381-1389.